Chacun à sa façon se berce de ses propres illusions… qui sont à la fois personnelles et d’époque. Elles sont changeantes comme le temps qu’il fait, selon l’état à tel ou tel moment du système des correspondances, des découpages, des mises en série d’où émerge le sens.
Il ne s’agit pas là d’une une vérité intemporelle: simplement, une façon de dire qu’on se donne spontanément des règles qu’on improvise ensemble au fur et à mesure, comme dans les jeux d’enfant. Avec des mots, on construit collectivement, intersubjectivement, socialement les châteaux imaginaires qui nous permettent d’accommoder nos « formes de vies », comme disait l’autre, du moment.
D’ailleurs « illusion » n’est pas le bon mot puisqu’il laisse entendre qu’il y aurait une autre vérité à trouver en dessous ou derrière ou ailleurs. Notre vie, notre présence au monde est un fait brut. Les significations qu’on peut attribuer à ce fait sont des constructions plus ou moins éphémères qu’on bâtit et qu’on démolit inlassablement.
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